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Aux Nautiques d'Argelès, les jeunes s'emparent du Trophée




Ciel voilé, soleil caché, vent capricieux... Si, les 8 et 9 juin, Les Nautiques d'Argelès, dernière régate du Trophée du Parc naturel marin du golfe du Lion, n'ont pas bénéficié du temps estival espéré, ils ont apporté plusieurs touches originales à la compétition. En particulier, une fréquentation record – 24 bateaux – et la présence, à la barre, de jeunes filles et garçons, dont Victorine Bleuset, championne d'optimist d'Occitanie.


En Méditerranée, le Trophée du Parc naturel marin du golfe du Lion veut amener le grand public à la voile, activité de loisir durable. Aussi ses promoteurs –  Parc marin et comité départemental de voile des Pyrénées-Orientales, CDV 66 – invitent-ils tout intéressé à participer à ses régates, moyennant la souscription d'une licence journalière de quelques euros. Les 8 et 9 juin, à Argelès-sur-Mer, Lisa, profane assumée mais curieuse d'apprendre, a relevé le défi, lors des Nautiques d'Argelès, course fétiche du yacht-club Argelès Racou (YCAR) et dernière épreuve du Trophée. Elle s'est inscrite et a navigué, le samedi, sur Django et, le dimanche, sur Manu Iti, curieuse de découvrir la tranche de vie d'équipages en compétition le long de la splendide côte Vermeille.


L'effervescence des régatiers, dès la veille


Le vendredi 7 juin, à 18h, veille de la régate, c'était déjà l'effervescence devant la capitainerie. Par un apéritif, YCAR souhaitait la bienvenue aux équipages et finalisait les inscriptions. Poignées de mains chaleureuses entre régatiers, joie de se retrouver, rires et partage de souvenirs des manches précédentes... Lisa l'a aussitôt sentie, cette convivialité revendiquée par le Trophée du Parc marin et ses clubs de voile organisateurs.


Avec elle, personne ne fait de chichis. « Tu as bien reçu ta licence par e-mail ? », l'interroge Michel, membre du bureau d'YCAR, soucieux de la voir embarquer dans les meilleures conditions. Il lui remet aussi, avec beaucoup de gentillesse, un sac rempli de vêtements spécifiquement conçus pour affronter le gros temps. Brigitte, qui navigue de longue date depuis Leucate avec son époux, lui raconte tout le plaisir des sorties en Méditerranée. Plus loin, discussion sérieuse entre Philippe Doumenjou (plus connu sous le surnom de Doudou), l'homme en charge de dessiner les parcours de régate, et l'un des équipiers qui voudrait voir préciser haut et fort une règle de navigation. « On va pas tout compliquer ? », lance Doudou pour qui il n'est plus l'heure de bouger les lignes mais de se détendre. « Viens, on va plutôt prendre un verre, tu veux pas louper l'apéro quand même ! »


Grosse affluence et grande motivation pour le Trophée



Retour au yacht-club le samedi matin à 9h pour Lisa, qui se régale du petit-déjeuner proposé par YCAR, café, croissant et pan con tomate à la catalane. Pourquoi tant de monde ? « 24 bateaux sont inscrits, lui répond un régatier adhérent d'YCAR. Les concurrents proviennent de clubs de voile d’Argelès, Banyuls, Canet-en-Roussillon, Collioure, Saint-Cyprien, Port Leucate, Narbonne, Palavas et même Créteil. En plus, le Trophée accueille aussi les patrons des voiles latines, qui vont naviguer sur le front de mer avec du public, pour animer la journée. »


À 10h06, c'est le silence : Gilles Garrigue, président d'YCAR, et Doudou, entament le briefing de course. Avec un vent moyen à 6 noeuds, les participants courront trois manches : deux en parcours construits le matin et la dernière en parcours côtier l'après-midi. Lisa essaie de comprendre. « Tu vois, ce matin, Doudou va poser des bouées dans la baie avec le bateau mouilleur et nous devrons les contourner à tribord, lui explique Laurence, l'une des femmes équipières. C'est ça, un parcours construit. » Le fameux Doudou donne d'ailleurs les derniers conseils : « Canal VHF 72. Et nous sommes nombreux, n’allez pas casser des bateaux, c’est pas un championnat du monde ». Gilles Garrigue conclut : « On se retrouve ici à 17h pour un petit pot ».


Soudain, comme une volée de moineaux, les équipiers s'échappent vers leur habitable, non sans avoir pris le soin de photographier les parcours. Lisa n'en revient pas. Apparemment, pas de temps à perdre. Le capitaine du Django qui l'accueille, un autre Gilles, lui remet un tee-shirt bleu clair au logo d'YCAR : « C'est parti, faut y aller ».






















Passionnés et dilettantes à la même enseigne


Sur le Django, Lisa formera l'équipage le plus féminin des Nautiques 2024, avec Laurence, une habituée, et Alice, 20 ans, heureuse de venir naviguer auprès de son père, Gilles, le skipper. Les cinq personnes à bord sont mises à contribution pour préparer le matériel adapté aux conditions de régate : écoutes, grand-voile, gênois, chariot… Lisa regarde la grand-voile se hisser vers le ciel, tandis que le bateau sort lentement du port d’Argelès. « Tu vas nous aider à l’écoute de grand-voile, lui dit le skipper. Je t’explique : la grand-voile, ajoute-t-il en désignant la voile principale, elle nous permet de nous diriger et de contrôler notre vitesse, en se gonflant et en se réduisant. L’écoute, c’est ce cordage : il sert à optimiser la forme de la voile, tu vois ? On règle avec l’écoute l’angle de la grand-voile par rapport à l’axe en longueur du voilier, la tension de la chute, le rond, le creux. »


Laurence intervient : « Lisa, prends des gants dans la cabine pour éviter de te brûler les mains avec l’écoute quand tu auras choqué ». Choqué ? « C’est le mot pour relâcher un peu les voiles, donner du mou. Le contraire, c’est border. »


Sur le plan d’eau, la vingtaine de voiliers se croisent et se recroisent en un joli ballet. Ils testent leurs manœuvres, virements de bord et empannages, en attendant le lancement du parcours construit. Sur le Django, on a aussi hissé le gênois, à l’avant du mât. Lisa apprend quelques autres termes de navigation : la drisse, les penons, le pataras – ce câble qui relie la tête du mât à l’arrière du navire… À 11h45, le bateau du comité de course, avec à son bord les arbitres Eric Descriaux et Nicolas Compta, adhérents du yacht-club de Canet-en-Roussillon (YCCR), entame le décompte avant le départ. Les capitaines ajustent leurs montres. Enfin, c’est parti !


















Pas de voile sans esprit fair play


Amusée, Lisa assiste aux conciliabules sur la stratégie à suivre. On identifie les concurrents qu’il ne faudra pas perdre des yeux, ceux qui talonnent le Django au classement. Mais chut… !


L'équipage s’active sans cesse, se déplace, tandis que Gilles tient la barre, stoïque. « Y’a quelque chose qui cloche avec la grand-voile, elle n’a pas belle allure ! » On borde, on choque, on finit par défaire et refaire l’une des attaches de la grand-voile… c’est mieux. « Les penons sont bons maintenant. » Puis, Lisa sent une tension monter et se fait petite pour ne pas gêner : à l’avant, on hisse le spi, cette voile très légère et très creuse où le vent s’engouffre pour porter le bateau. L'entraide accompagne tous les gestes, elle le perçoit très bien. Et le fair play également, quand, au moment de passer une bouée marquant l’une des limites du parcours, le voilier Heyoka se retrouve bloqué parce que le vent a baissé. Comme il entrave la route de ses concurrents, son équipage crie : « Non manœuvrant ! ». On se débrouille alors pour franchir la bouée à tribord sans toucher le bateau en peine.


Avec une décontraction qui étonne Lisa, le Django a terminé la première manche et mené la deuxième selon le même parcours construit. À 13h, tout le monde s'accorde une pause.


Constat : le Trophée du Parc marin célèbre la nature et la jeunesse


On grignote – pain, saucisson, fromage, jambon, pêches et abricots du Roussillon mûrs à point – pour se ragaillardir avant la troisième manche prévue l’après-midi. Un temps d’échange très agréable, pendant lequel Lisa apprend à connaître l'équipe en écoutant ses anecdotes de navigation commune.

 

La voile, c'est du sport : à 14h, le comité de course donne le départ du parcours côtier. Il mènera les régatiers d’Argelès nord au Cap Béar puis dans la réserve de Banyuls. Le vent oscille entre 4 et 8 nœuds. Alice a pris la barre. On apprendra le soir même avec plaisir que d’autres jeunes naviguent comme elle cette année, car le Trophée du Parc marin gagne en audience auprès d’eux. Une bonne nouvelle ! Ainsi, sur son Manu Iti, Christian, d’YCAR, a embarqué Marius, 14 ans ; sur Maïana, d’YCCR, Vincent a donné, en toute confiance, la barre à Camille et Victorine, 14 ans, la dernière étant championne d’optimist 2024 en Occitanie.


Vincent Fourquet, président du yacht-club de Canet-en-Roussillon et l'équipage de Maïana, son voilier, ont fait confiance à Victorine, 17 ans, pour tenir la barre le 8 juin aux Nautiques d'Argelès.
Vincent Fourquet, président du yacht-club de Canet-en-Roussillon (casquette orange) et l'équipage de Maïana, son voilier, ont fait confiance à Victorine, 14 ans, pour tenir la barre le 8 juin aux Nautiques d'Argelès. La jeune championne d'optimist d'Occitanie 2024, future arbitre de régate, a accompli sa mission sans sourciller.



Lisa est enchantée du parcours, au gré des cités côtières, Argelès, Collioure avec ses vestiges de remparts et Banyuls. Elle admire la vue, magnifique en dépit du ciel gris, sur le panorama méditerranéen, entre Pyrénées et plaines du Roussillon. Elle n’est pas la seule à s’enthousiasmer lorsque des poissons-lunes sautent et arborent leur nageoire dorsale argentée. Leur nombre important rappelle à l’équipage qu'il navigue sur le Parc marin du golfe du Lion, une aire marine protégée inestimable, sur laquelle les écogestes s'imposent.

 



Où l'on retrouve la convivialité, valeur clé du Trophée

 




Le samedi soir, c’est à la grande brasserie d’Argelès, Le Skipper, que quelque cent personnes, équipiers et familles, se retrouvent pour partager un verre et déguster un cochon de lait. Dans l’esprit écologique du Trophée du Parc marin, YCAR a demandé au traiteur sollicité de confectionner le repas avec des produits locaux.


Devant le restaurant, le trio Combo Swing, dont l’un des musiciens est adhérent du club de voile, anime la soirée et entretient la bonne humeur. Certains convives entonnent Brassens, d’autres se lèvent et dansent. Lisa se laisse bercer par l’ambiance chaleureuse, les discussions, un peu de vin d’Argelès… Elle a compris le poids que les amateurs de voile des Pyrénées-Orientales accordent à la convivialité et apprécie leur simplicité.


Plus loin, les amateurs de rugby regardent le match de top 14 entre l’Union sportive Arlequins perpignanais (USAP) et Pau, que le Skipper projette sur écran. Des visages déçus, peu de cris, car l’équipe occitane se fait battre… En fin de soirée, Doudou propose aux derniers fêtards de goûter la liqueur locale, le Cremat des Nautiques. En s’endormant, Lisa tangue déjà ce soir-là. Elle a hâte de naviguer le lendemain.

De la casse mais sans mauvaise humeur

 


Le dimanche matin, 9 juin, Les Nautiques d’Argelès se heurtent à de mauvaises conditions climatiques. Le vent croissant ne permettra pas d’aller au-delà de deux manches, en matinée. « Nous commencerons plus tôt pour naviguer et finir plus tôt. Départ à 11h pour des parcours construits », déclare Gilles Garrigue, président d’YCAR, à 10h, lors du briefing.

 

Surgissent alors ses collègues du club, pour le retenir. C’est en effet à lui qu’ils ont décidé d’attribuer cette année le prix Jean-Marie Lacaza. Lisa apprend que ce prix récompense l’équipier le plus méritant, en hommage à Jean-Marie Lacaza, ancien président d'YCAR, très investi pour faire prospérer la voile dans la région et décédé brutalement en décembre 2022. Gilles Garrigue reçoit des mains de Doudou le timonier que Jean-Marie avait gagné en 1989 à Blanès lors de la régate des Comtes de Gérone. 



Cette deuxième journée des Nautiques d’Argelès, Lisa la partagera avec l’équipage du Manu Iti, le jeune Marius et quatre régatiers. Il pleut, le vent se lève ; elle a donc revêtu les équipements étanches que Michel, d’YCAR, lui a prêtés, et qui la protègent de la tête aux pieds. Peu après le départ, Christian, le capitaine, lui donne la barre. « Nous allons empanner, tu suis la grand-voile pour savoir comment orienter le bateau et tu regardes la girouette, là-haut. On ne doit pas être vent-arrière. »


L’aventure s’annonce plus corsée que la veille. Peu après le départ, on hisse le spi, un exercice que le vent rend très sportif. Les régatiers se démènent pour raisonner la voile. Christian multiplie les instructions : «  Marius, il faut lâcher l’écoute pour le spi ; Éric, attention à la bôme ; Manu, prends la barre ; Lisa, surveille le chariot de la grand-voile… ».

 

Quand la première manche s’achève, tous s’assoient pour souffler. Christian débriefe : « Vous avez compris pourquoi il y a eu ce coup de stress ? On va essayer d’anticiper davantage pendant la deuxième manche ». Hélas, celle-ci s’arrête vite pour Manu Iti : devant les yeux ébahis de Lisa, la grand-voile se déchire. Elle a trop faseyé. Manu Iti rentre au port. Heureusement, l’intensité des émotions vécues lors du premier parcours atténue leur déception. Et la casse matérielle est bien acceptée, car il y a plus grave : sur un autre habitable, la bôme a blessé l’un des régatiers au visage, contraignant l’équipage à l’abandon. Tous souhaitent un bon rétablissement au malchanceux, secouru par les pompiers.


Mille remerciements aux contributeurs de cette belle fête de la mer !

 



À 16h, la foule joyeuse des participants se rassemble devant la capitainerie, pour la remise des prix. On se succède pour lire les résultats déjà affichés. Entretemps, Lisa a aidé à ranger le matériel sur Manu Iti, à abattre la grand-voile et la plier pour envoi à la réparation.






La régatière d’un jour s'est aussi promenée sur le port d’Argelès, où elle a admiré les centaines de bateaux et vu les concurrents des Nautiques revenir l'un après l'autre, sous un ciel menaçant.

 










Podium pour les régatiers comme pour les bénévoles




Le président du Parc marin du golfe du Lion, Serge Pallarès, est là. Au micro, il remercie les régatiers, les organisateurs et rappelle l’importance d’organiser ainsi des fêtes de la mer. Ses encouragements vont au CDV 66 et à ses clubs adhérents pour leur attachement à amener les jeunes à pratiquer la voile, dans le respect de l’environnement. « Vous avez tout le soutien du Parc marin ! »


Laurent Sagols, président du CDV 66, du Cercle nautique de Banyuls et barreur d’Heyoka, prend ensuite la parole. Il dit d’abord sa satisfaction de constater la très grosse progression en nombre des concurrents du Trophée du Parc marin, qui ont couru 19 manches cette année. Il remercie Gilles Garrigue, pour son énergie à promouvoir la voile habitable au sein du pôle sportif du CDV 66. Laurent se tourne aussi vers Vincent Fourquet, président d’YCCR et félicite ce club précurseur : « Bravo pour les passerelles que vous établissez aves les clubs de voile légère en embarquant leurs jeunes ! ».



Avant d’annoncer les résultats, Gilles Garrigue exprime sa gratitude aux bénévoles dont l’engagement fut essentiel au succès de ce dernier week-end de Trophée. Lisa voit monter trois femmes sur le podium : Christiane, précédente présidente d’YCAR, Isabelle, l’épouse de Gilles Garrigue,et Brigitte, celle de Jean-Marie Lacaza. « Elles ont fait un travail formidable ce week-end, applaudissons-les ! »



Ouf, certains bénévoles sont aussi des hommes ! Ainsi, l’hommage suivant s’adresse aux trois piliers du comité de course, pour leur contribution efficace : Nicolas Compta, Éric Descriaux et Doudou saluent le public depuis les marches du podium, avec un cadeau symbolique en mains : des paires de jumelles.






Moea, Camidule, Maïana, Heyoka, Maupiti, Julo, Triton, Kia Ora et les autres


Enfin, Laurent Sagols et Gilles Garrigue appellent les vainqueurs des Nautiques d’Argelès et du Trophée. C’est une artisane locale, Mireille, chaleureusement remerciée, qui a fabriqué les présents remis aux premiers : des lampes décorées de sable en provenance des plages de la région. Quant aux grands gagnants du Trophée du Parc naturel marin du golfe du Lion, ils repartent, les numéros 1 avec un bois sculpté et les autres avec l’affiche de cette édition 2024, sous plexiglass. Bravo à tous pour leur témérité !


Les vainqueurs de l'édition 2024 du Trophée du Parc marin du golfe du Lion en HN2.
Maupiti (YCAR), vainqueur du Trophée du Parc marin 2024, est suivi de Julo (YCAR) et Triton (US Créteil Voile) dans la catégorie HN2. Félicitations !


HN1 gagnants Trophée du Parc marin du golfe du Lion 2024
Dans la catégorie HN1, Kia Ora (Yacht-club de St-Cyprien) remporte le Trophée du Parc marin 2024, devant Doudou (Yacht-club Canet-en-Roussillon) et Cappuccino (Cercle Nautique de Banyuls).


Les vainqueurs des Nautiques d'Argelès 2024
Bravo aux vainqueurs des Nautiques d'Argelès 2024 en HN1 (Moea et Doudou à droite) et HN2 (Camidule, Maiäna et Heyoka à gauche). Leur récompense : une lampe ornée de sable, oeuvre d'une artisane de la région.

Comme s’il leur fallait un souvenir supplémentaire de cet excellent week-end, les participants savourent les délicieuses tapas du buffet dînatoire qu’YCAR offre pour le clore. Les discussions vont bon train. Lisa pourra en témoigner :

-la voile en Occitanie, c'est top !

-le Trophée du Parc naturel marin du golfe du Lion, c'est aussi pour ceux qui n'ont pas l'habitude des régates.  Un vrai moment d’humanité, sur l’eau comme sur terre !


Rendez-vous l'année prochaine, à partir de mars, si vous aimez la mer.



Un film-souvenir est disponible, le saviez-vous ?


Comme Lisa, vous pourrez regarder le film de la régate dans toute son étendue (15 min) sur You Tube : https://www.youtube.com/watch?v=sNpli2NBRz8

Merci à Drone-FGEM pour cette production !


Retrouvez le classement des Nautiques d’Argelès 2024 et du Trophée du Parc marin 2024.

 






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